13 - Humeur nocturne
Dimanche, décembre 16th, 2007Quelque part après 20h. Bureaux vides, parking désert, pas âme qui vive. Nuit noire à peine percée par les faiblardes ampoules des lampadaires. On a beau être dans le sud, la petite brise nocturne de décembre fait presser le pas. Comme d’habitude, le feu à la sortie du parc met des heures à passer au vert. Griller pas griller. Vu l’heure et la circulation c’est plus la peur de l’agent que l’accident qui fait hésiter. Attente, pensif. Encore une journée passée trop vite, plein de choses à faire, plein d’autres faites mais pas celles prévues évidemment. Frustration habituelle et sentiment de pas avancer. Vite manger, dormir et jouer un peu. Peu importe l’ordre. Et ce feu qui ne se décide toujours pas… Mise en ambiance.
Petite bression sur le bouton CD de l’autoradio. Next track, next, next, next. Enfin. Les premières notes raisonnent. Pianotage frénétique, lancinant. La voix enchaine, prenante et c’est parti. La main sur le volant se crispe un peu plus, l’autre tapote le levier de vitesse, d’abord calmement, et rapidement moins. Personne dans le faisceau des phares sur la petite route qui mène home. Le pied s’énerve un peu aussi, pas trop, plus trop faute de points. Et, heureusement solitaire (!), la voix finit pas ne plus pouvoir s’empecher de s’y mettre. "It’s Indie Rock’n Roll for Me!!!!!!" 4mn17 de plaisir. Moins qu’il n’en faut pour faire la route. Qu’importe, comme dans d’autres choses, la deuxième fois tout de suite après est presque meilleure. Parce que ça y est, cette fois on est dedans, alors qu’on avait débuté la première prise avec la tête un peu ailleurs. Là il faut hausser le volume, bien sûr. Le monter assez exagérément même, comme un cri que l’on ne poussera pas soi même. L’objectif se rapproche, l’oreille bourdonne un peu. Moteur coupé, le son devient bruit. Dernières secondes dans le noir, attente de la rupture de rythme propice et… Clic.
Manger, dormir, jouer. Et demain encore les Killers, un peu moins fort le matin surement. Peut etre autre chose, un autre groupe ou un autre morceau. La musique, la voiture, la route. Toujours pareil, perpétuelle redécouverte. J’aime mes journées mais j’aime surtout ces petits soirs et ces petits matins. Quelques minutes d’un morceau jusqu’à l’écoeurement. Et en ce moment c’est celui là.
The Killers - Glamourous Indie Rock’n Roll - parce que donc.
The Rollling Stones - Under my thumb - parce qu’elle y sera toujours un peu
The Doors - Wintertime Love - parce que c’est de saison
Radiohead - Exit Music (For a Film) - parce qu’il parait que ça vaut pas un concert
Yael Naim - New Soul - parce que ça change de Lily Allen
Daphne - Musicamor - parce que c’est dommage que le reste soit un peu chiant
Puppetmastaz - Do the Swamp - parce que ça n’a rien à foutre là
The Blood Arm - Do I have your attention? - parce que c’est mieux sans sucre rajouté
Nouvelle Vague - Guns of Brixton - parce que ce n’est pas une chanson d’amour
Indigo Girls - Romeo and Juliet - parce que j’avais pas envie de mettre deux killers