Chronic’Art: Le chef d’oeuvre fake
Jeudi, juin 12th, 2008Sujet de moquerie au sein de la rédaction (ce serait un héritage de mon ancienne vie parisienne, lire une déviance metrosexuelo-urbano-bobo), nous sommes abonnés à Chronic’Art.
Tous les mois nous recevons donc ce magazine culturel qui a le bon goût de proposer des articles très bien écris (ça me change!) sur tout ce que j’aime bien dans la musique, la littérature, le jeu, etc. Une sorte d’Inrockuptibles qui auraient oubliés de se sentir omnichiants et de caser des leçons de morales à chaque détour de page.
En général, le mag repart rapidement chez moi puisque je suis un peu le seul à le lire sérieusement. Là ce mois ci, j’étais un peu charette donc il est resté sur un coin du bureau depuis quelques semaines. Ca tombe bien puisque les NMMP étant en pleine frénésie de lucidité économique, pas de Libé ou d’Equipe pour m’accompagner des mes visites au bathroom aujourd’hui. Et ça tombe vraiment très bien puisque cela m’a permis de découvrir la géniale supercherie.
Déjà le gros dossier du mois me paraissait légèrement bidon vu de la couverture: “Mort pour la partie” “En Russie de jeunes codeurs s’entretuent sur un jeu vidéo ultra-violent d’un nouveau genre…” Mais soit, j’ai un peu sauté le sujet en me disant que, tant pis, pour une fois le mag sombrait dans la démago débilo cauetienne avec un dossier racoleur sans gros interêt. Je n’ai pas trop fait attention au reste.
Pause déjeuner, je rentre dans mon habituelle amabilité autiste du midi, la tête dans mon journal. Ma maman m’a bien dit qu’on ne lisait pas à table mais c’est plus fort que moi, je ne supporte pas les histoires drôles vulgaires de mes petits camarades, je préfère me cultiver un peu durant ce petit répit de mi-journée. Comme d’hab, je feuillette le mag de courtes chroniques en courtes chroniques et je repère vite quelques sujets bien intéressants. Retour au PC, pour aller écouter ce morceau sur MySpace, voir les vidéos de ces deux jeux Wii dont j’avais pas entendu parler . Mais, hmm, wtf. Je passe 10 minutes à essayer vainement de retrouver le myspace alléchant et rien, queud. Google resiste à toutes les configurations de recherche. Bizarre mais tant pis. Allons voir ces jeux. Hum, rien sur Mondes Wii, faudra que j’engueule les rédacs. Hum, encore rien sur Google. C’quoi ce bordel.
Et là le doute me prends. C’est bizarre cette histoire quand même. Tel un Cow-Boy trompé par un Kevin Kaiser Spacey, tous les éléments me sautent soudainement aux yeux. Je tourne toutes les pages, survole chaque ligne du mag, scrute la couverture et l’ours. Non ils n’ont pas osé! J’alerte mes petits camarades, je partage mes doutes et éveille leur incompréhension. Forcément ça se la pète un peu au départ: “attends un jeu qu’on connaît pas c’est forcément un fake”. Et puis ça se prend au jeu de la vérification.
Et c’est vite sans appel: le numéro actuellement en Kiosque de Chronic’Art est entièrement bidon. 80 pages de fake! De gros dossiers et de multiples chroniques totalement sortis de rien si ce n’est de leurs esprits tordus. Bidon l’interview du serial troller, bidon le gourou catho-punk, et tant pis pour le facebook échangiste!
On a fini par vérifier sur leur site (oui bon j’aurai pu commencer par là, c’est vrai!) et c’est confirmé, avec un petit débat à la clé: Fake Me, bien ou pas bien?
Nous on trouve ça assez génial et plutôt couillu et on vous invite tous vivement à aller acheter ce numéro, c’est collector.